Il ne s'agit donc en rien d'un art nouveau ni de la production d'objets de spéculations ou de valeur. La créativité doit être considérée comme un moteur, un instrument de réflexion, de réification.
L'artiste devient ainsi un catalyseur au sens physico-chimique du terme (pensons à la graisse que Beuys emploie si souvent) mais aussi un conducteur, un véhicule (à l'image du fil de cuivre, du corps) un isolateur de notions, de concepts (l'image de vêtements, des emballages dans ses travaux) quelqu'un qui est capable de proposer et de présenter les notions nouvelles.

Joseph Beuys, Conversation avec Eddy Devolder, Gerpinnes, Éditions Tandem, 1997, p. 55.