Nous approchâmes de la grille d'une villa dépourvue de locataires dans une avenue résidentielle tranquille à trois cents mètres à l'ouest de l'esplanade. L'écriteau d'une agence immobilière empalait le carrée d'herbe jaunissante à côté de la piscine à sec. Inhabitée depuis sa construction, la maison était presque fantomatique dans sa nouveauté déjà défraîchie, hantée par les occupants qui n'avaient jamais vécu dans ses pièces vides mais avaient laissé leurs empreintes comme des zones de voile sur un film photographique exposé.

James Graham Ballard, La face cachée du soleil [1996], trad. Bernard Sigaud, Auch, Tristram, 2015, p. 293.