— Andrea Branzi, on regarde très souvent vos projets comme des projets critiques de la société de consommation. Or votre propos, si je ne me trompe, c'est d'utiliser les principes de la société de consommation, de montrer comment cette société agit, et comment par le biais du projet, il sera possible d'agir avec elle ?

— Absolument oui. Si je pense aux questions dont nous débattions avec nos amis d'Archizoom, il faut affirmer que le but n'était pas nécessairement et n'a jamais été d'établir une vision critique de la société contemporaine. Nous étions marxistes, certes, mais dans cette tradition italienne où les questions politiques, celles de la qualité de la vie, de la qualité du bien-être, se regroupent en une vision très sophistiquée. Nous avions donc une sorte d'approche positive. L'idée que la société était victime d'un système n'existait pas. Nous pensions que c'était au contraire une grande chance créative.

Transmission#1 Andrea Branzi, entretien avec Catherine Geel, Paris / Saint-Étienne, co-éditions La Cité du Design / Les éditions de l'Amateur / France Culture, 2006, p. 21.